XVI
SUR LA DIVISION POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE DE LA GAULEEN PROVINCES ET EN CITÉS AU PREMIER SIÈCLE
Tandis que la Narbonnaise, façonnée de bonne heure à la civilisationromaine et considérée plutôt comme un prolongement de l’Italie quecomme une partie de la Gaule, était une province administrée par leSénat, la vraie Gaule, la Gaule Chevelue, Gallia Comata, formait, aprèssa réorganisation par Auguste, trois provinces dont l’administrationappartenait à l’Empereur, mais, sous le rapport religieux, une seule cir-conscription appelée « les Trois Gaules ». (A. Allmer, Musée de Lyon,Inscript, ant., t. II; Les trois Gaules, Lyon, 1889.)
D’après Strabon, les soixante cités ou peuples de la Gaule Chevelueétaient représentées à l’autel de Rome et d’Auguste à Lyon (1). L’autelfut élevé par Néron Claudius Drusus, l’an 12 avant notre ère, et consacrédeux ans après, l’an 10.
Trente-trois ans plus tard, l’an 21 après Jésus-Christ, Tacite, à proposde la révolte en Gaule de Sacrovir, porte le nombre des cités à soixante-quatre (2).
L’organisation générale et la constitution politique de la Gaule avaienteu lieu l’an 727 de la fondation de Rome (27 ans av. J.-C.). Lors de lagrande assemblée tenue par Auguste à Narbonne, et désignée sous lenom de concilium Galliœ ou de conventus de Narbonne, Auguste yconsacra officiellement la grande division de tout le pays en deux partiestrès distinctes :
i° L’ancienne province romaine, celle qu’on appelait la Narbonnaise,ou plus simplement la Province, Provincia;
2 0 La Gaule, conquise par César, appélée successivement, Gallia Nova,Gallia Ultima ou Ulterior, Gallia Altéra, Celtica, mais dont le vrai nométait la Gaule Chevelue, Gallia Comata. Elle se divisait en trois pro-vinces, très provincice, très provmcice Galliarum, qu’on appelait aussiquelquefois les Trois Gaules, Très Galltae.
(1) "Eoti Sè , 3 toLtô; àLô/oyo; È7tiypaf^v ËX elv T “v ÈOvüv éKxovta [xôv àpiOgov].
(Strab., Géogr., IV, vu, 2.)
(2) In quatuor sexaginta Gallia civitates... Non Treveros modo et Æduos, sedquatuor et sexaginta Galliarum civitates descivisse. (Tac., Ann., III, 44.)