NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES.
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monde par le mérite et la fortune, —eût l’accès au Sénat... et qu’on medise, en effet, en quoi un sénateur italien est préférable à un sénateurprovincial? Aussitôt que j’aurai commencé à faire approuver par vouscette partie des opérations de ma censure, je montrerai sur quels faitss’appuie mon sentiment sur ce point; mais, dès à présent, je n’estime pasjuste que les provinciaux eux-mêmes, lorsqu’ils peuvent être l’honneurdu Sénat, en soient écartés.
« Voici, par exemple, la colonie très brillante et très puissante deVienne... vous savez depuis combien de temps elle nous donne des séna-teurs : c’est de son sein qu’est sorti celui qui était déjà l’ornementd’un petitgroupe de chevaliers, L. Vestinus, quej’ai admisdansmon commerce le plusétroit, le plus affectueux, —Vestinus que j'associe aujourd’hui à mes affairesintimes..., —je demande même que ses enfants jouissent du premierdegré des sacerdoces, afin que, l’âge le leur permettant, ils puissent obtenirun accroissement de dignité... Ici, je veux passer sous silence le nomsinistre de ce brigand, de ce monstre, de ce pilier de gymnases... que jebais!... D’ailleurs, disons qu’il avait porté le consulat dans sa maison,avant que sa colonie eût acquis les bienfaits du droit de cité dans saplénitude. Je veux en dire autant de son frère ; à la suite de cette lamentableet honteuse histoire, il n’a pu vous rendre aucun service... (L'empereurs’interrompant et se parlant à lui-même : ) Mais il est bientôt temps, TibèreCésar Germanicus, d'expliquer clairement au Sénat à quoi tend tondiscours, car te voilà maintenant aux confins les plus éloignés de la GauleNarbonnaise... — Tant de jeunes gens, membres destingués, que je voisici, ne sont pourtant pas des choix dont on ait plus lieu de se repentirque de celui... par exemple... du très noble Persicus, mon ami, de Per-sicus, qui, parmi les portraits de ses ancêtres, peut contempler celui de[FabiusJ Allobrogicus. Or, si vous consentez à ce que je demande,c’est bien : qu’attendez-vous de plus de moi? Je n’ai plus qu’à vousmontrer du doigt une seule chose : c’est qu’on vous a déjà envoyé des séna-teurs d’un pays situé au delà des frontières de la province Narbonnaise.Est-ce que Lyon ne nous a pas donné des collègues? Est-ce qu’on leregrette?... Oh! c’est avec timidité, il est vrai, Pères Conscrits, que jefais cette excursion hors des limites provinciales qui vous sont familières;mais il est temps, enfin, de plaider séparément la cause de la GauleChevelue. Il faut considérer, en effet, que ce pays, qui a fatigué le divinCésar par dix années de guerre, a compensé ces dix ans par un siècled’une immuable fidélité, d’une soumission éprouvée au delà de ce qu’onpeut dire; et, dans le temps où nous étions tous en alarmes, ces peuplesont assuré la paix à Drusus, mon père, pendant qu’il soumettait la Ger-manie ; il fut ainsi favorisé par leur inaction même et par la paix garan-