8
SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.
parut alors hors de proportion avec la largeur primitive. On allon-gea la nef autant que la pente du terrain put le permettre; et, sil’édifice a gagné en grandeur, il a réellement perdu en harmonie.
Le cloître extérieur à l’église a été abattu, et on n’en retrouveplus que quelques amorces. On y voyait autrefois une suite detombeaux des reines de Bourgogne et une quantité considérabled’anciennes peintures. Tout a disparu. L’église seule reste dans satriste nudité (i).
VI
Il existe, au milieu des rues tortueuses et des maisons malbâties de la ville moderne, deux autres vieilles églises qui attirentmoins l’attention et la méritent peut-être davantage : Saint-Pierre et Saint-André-le-Bas.
D’après la tradition, l’ancienne basilique de Saint-Pierre dépen-dait, dans le principe, d’un monastère qui aurait été fondé aucinquième siècle par saint Léonien, venu de Pannonie en Gaule.C’est peut-être remonter un peu loin. Les auteurs de la Galliachristiana eux-mêmes sont plus modestes et en attribuent seu-lement la construction à la piété d’un certain duc Ancemond, quien aurait doté, près de deux siècles plus tard, la ville de Vienne.Quoi qu’il en soit, c’est certainement une des églises du Rhônequi ont renfermé le plus de sépultures et d’épitaphes chrétiennes oupaïennes. Le respect de toutes ces reliques y était tel que pen-dant longtemps le sol de Saint-Pierre fut regardé comme uneterre sacrée, et que toute sépulture aurait paru une sorte deviolation ou de profanation et y était rigoureusement interdite.L’abbaye comptait, vers le milieu du huitième siècle, plus decinq cents religieux soumis à la règle de saint Benoît. Ruinée
(i) E. Rey et E. Vietty, Momtments romains et gothiques de Vienne enFrance . Paris, 1831.
L. Bégule, L’église Saint-Maurice, ancienne cathédrale de Vienne. Congrèsarchéol. de France, XLVI" sess. Vienne, 1879.