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SECONDE PARTIE. — CHAPITRE CINQUIÈME.
Ligurie proprement dite, où ils paraissent tout d’abord s’êtredéveloppés pendant les premières époques historiques. Tropresserrés entre les Alpes et l’Apennin, ils ont de bonne heurefranchi ces barrières, ont occupé la Provence et, traversant lesdifférents bras du Rhône, se sont répandus dans la plaine littoraleformée d’une succession de coteaux fertiles, de riches terresd'alluvions et de marais favorables à la pêche et aux chassesd’eau qui s’étendaient jusqu’aux Pyrénées.
Les Ibères étaient disséminés primitivement sur le territoire del’Espagne; ils ont bientôt tourné le promontoire pyrénéen ducôté de la Méditerranée et, remontant vers la Gaule, ont ren-contré les populations liguriennes auxquelles ils ont disputé piedà pied toute la région déjà habitée par elles. Ils ont fini par se faireainsi leur place. Après une lutte qui a duré peut-être plusieurssiècles, il y a eu une véritable fusion, un croisement de racedésigné quelquefois par les historiens et les géographes sous lenom d’ « Ibères mélangés ».
La migration celtique est relativement plus récente. Les Celtes,dont l’origine aryenne paraît aujourd'hui très nettement établieet qui avaient dû traverser une grande partie de l’Asie et toutel’Europe centrale avant de pénétrer sur le territoire qui allaits’appeler désormais de leur nom — la Celtique, KeXti/.vî, — com-mençaient à peine à atteindre les côtes de la Méditerranée, déjàfortement occupées par les Ligures, au moment de la colonisationgrecque par les Phocéens et peut-être même à l’époque de lafondation de Massalia par les Phéniciens. Ce sont eux qui consti-tuent le fond de la nationalité gauloise et qui sont nos véritablesancêtres. L’appellation romaine de Gallia, Gaule, n’est d’ailleursque la traduction altérée du nom de Celtique, KeAti/.vi, Celtica.Les Celtes occupèrent bientôt la presque totalité de la Gaulecentrale et sont descendus peu à peu sur le littoral. Six cents ansenviron avant Jésus-Christ, Hécatée de Milet écrivait « qu’ilsvenaient du Septentrion, s’étaient enfoncés comme un coin entreles Ligures et les Aquitains (les Ibères), et avaient refoulé lesuns au delà du Rhône, les autres dans les Pyrénées ». Ils y