LES EMBOUCHURES ET LE DELTA.
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Car ès (i), dont la superficie est de 12,000 hectares et la profon-^eur de I à 2 mètres. Autour de cet étang, un dédale de lagunesPortes, de marais salants et de petites dunes stériles et mou-rûtes, occupe une surface de près de 8,000 hectares, coupée de^ndrières et de terres indécises. C’est la basse Camargue, zoneP fe sque déserte et inculte, intermédiaire entre la mer et la terre,^ u bium ne terra sit an pars maris, comme disait si bien Pline,Se parée du domaine maritime par une mince crête de sable queks vagues franchissent quelquefois pendant les tempêtes. Une'ffgue récente a été construite sur ce bourrelet naturel et meta *ûsi l’île à l’abri des coups de mer (2) ; mais les pluies d’automnee *- d’hiver gonflent souvent le niveau du Valcarès ; ses eaux seUnissent à celles de tous les marais voisins, pénètrent à travers' e cordon des dunes littorales et se rendent à la mer par une série'L grau s temporaires appelés afoux, à chaque instant déplacés ou^terris.
L’homme est rare dans ces solitudes fiévreuses; il n’y envoie^ Ue ses troupeaux ; et plus de deux cent mille bêtes à laine, placéesS °ûs la conduite de quelques pâtres, paissent, pendant six mois def'h'er, l’herbe salée qui croît en assez grande abondance sur tous^lambeaux de terre émergés. Des « manades (3) » de taureauxet de chevaux errent librement dans ces steppes indécis et sont6s seuls habitants de cette plaine étrange et à demi noyée, donte s ilence solennel et les horizons lointains produisent une impres-Sl °n d’indéfinissable tristesse. Le sel, qui est le grand fléau agri-C °* e de la Camargue, se montre partout ; la terre en est impré-
y Valcarès est une corruption de Vaccarès, qui rappelle les troupeaux de\ ,Jles qui paissent les herbes salines sur les bords de l’étang. On i'appelle dansla pichoto mar, la petite mer.
^ ) Voir suprà, page 376, et pièce justificative IV.
désigne dans le pays sous le nom de « manade
les groupes de tau-
"j/ '-mi aesigne dans ie pays suu» ic uum ^ -—
et de chevaux que chaque gardien de Camargue commande et tient « à sa•‘n »
^ a nado , mainado, manaio, mana (catal. esp. manada; ital. manata ; rom.% lrta ^ a }' ce { ï ue ma i n peut contenir, et par extension troupeau de chevauxtHllreaux sauvages surveillés par un guardicin. (Mistral, Diciionn. proven-'f r ançais.)