LES EMBOUCHURES ET LE DELTA.
461
^rres. La Néva, entre autres, avant de traverser Saint-Péters-
b°urg, s’épure complètement dans le lac Ladoga, ce qui n’em-
P e che pas son embouchure dans le golfe de Finlande d’être tra-
Ve rsée par un seuil sous-marin. Ce sont les vagues de la mer, on
voit, qui ferment les estuaires des fleuves; et c’est le même
Phénomène considérablement agrandi qui a donné naissance aux
Lgunes de l’Adriatique, aux étangs du golfe de Lyon, aux limans
la mer Noire, aux haffs de la Baltique, aux zêes de la mer du
^°rd; c’est la même force qui agit d’une manière continue sur
t°usles rivages du globe, qui en a modifié tous les contours depuis
^ origine de notre période géologique, et substitué aux échancrures
aux fiords des époques primitives des golfes plus adoucis et
P^s harmonieux, et une longue succession de plages, de lidi et de
c °rdons littoraux s’adaptant beaucoup mieux à l’oscillation caden-
c ^ e des vagues et au mouvement rhythmique de la mer.
(( Toutefois, il est évident que l’oblitération des passes doit êtred’
a utant plus complète que les fleuves débouchent sur une côteP^Os sablonneuse et plus instable, y apportent une plus grandelTla sse de sédiments, et que le flux, le reflux et les courants Iitto-fau x ont moins de force pour balayer tous ces dépôts et les dis-poser ensuite à de grandes distances dans les profondeurs de la(1). »
Le phénomène des barres n’est donc, en définitive, qu’un casPoticuHer de celui des cordons littoraux. Les barres sont desra gments de cordons littoraux en voie de formation et encores °Us-marins. Les cordons littoraux, à leur tour, ne sont que lateu nion d’anciennes barres émergées et ayant acquis tout leur^ôeloppement.
VIII
I Nous avons vu que la grande plaine qui s’étend de Beaucaire à* Oer était, à 1’ origine de notre période géologique, un véritable
L) Ch. I-ENTHÉRic, La région du bas Rhône, op. cit.