LE RHONE MODERNE.
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de là un danger très grand. Une brèche qui s’ouvrirait à Véné-jean, par exemple, permettrait à un volume de plus de deux mil-lions de mètres cubes de se répandre brusquement dans la vallée.
« Un canal de navigation partagé en biefs par des écluses neprésente pas les mêmes dangers. Il était difficile d’affirmer àl’avance que le canal ne présenterait aucune fissure ; car on devaitpasser forcément dans des terrains d’inégale résistance où lestassements seraient inégaux et pouvaient amener des disloca-tions (1). » L’établissement d’un canal à flanc de coteau le longdu Rhône dans le département de l’Ardèche, parut donc être untravail dangereux et incertain surtout au point de vue de ladépense; il constituait en outre, sur près de 110 kilomètres, untravail absolument improductif, inutilisé, une « tête morte » quiprésentait à la fois des difficultés d’exécution et un aléa dedépenses assez considérables.
Ce canal de Cornas soulevait encore une objection d’un autreordre. Il prenait ses 23 mètres cubes d’eau à l’amont des « rapi-des » du fleuve, et les défenseurs de la navigation craignaient quele mouillage en basses eaux ne fût diminué d’une manière fâcheusepar ce détournement, et que la batellerie en éprouvât quelquegêne. L’avis des ingénieurs aurait dû sans doute calmer cesalarmes un peu exagérées; mais il est toujours difficile de faireentendre raison à ceux qui craignent d’être lésés. Quoi qu’il ensoit, il eût été préférable, pour dissiper toute inquiétude, de faireau fleuve cette ponction de 23 mètres cubes après les plus mau-vais passages, au-dessous des « rapides », en aval des embou-chures de l’Isère, de la Drôme et de l’Ardèche.
M. Krantz, secondé par M. Dupuy de Lôme, proposa de toutconcilier, en abandonnant la tête morte du canal de Cornas et enlui substituant, à la pointe Saint-Georges, à no kilomètres envi-ron en aval de Cornas, un puisage direct dans le Rhône. Un ate-lier de vingt-quatre pompes, actionnées par des machines à feude près de vingt mille chevaux-vapeur, aurait élevé à 55 mètres
(1) Krantz, op. cit.