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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
» main et de celle de ses adhe'rens, où il s’oblige de défendre,
» envers tous et contre tous, celuy qui devoit attenter à la per-» sonne Royale.
» Cet instrument exécrable avoit été mis entre les mains de» Bolfou, capitaine du château d’Edimbourg, qu’ils avoient au» commencement attiré à leur party, et qui, étant depuis pique» contre certains conjurez, a découvert toute l’affaire. C’est ainsy» que nous parlons avec des raisons plus visibles que le jour, et» des assurances aussy fortes que la vérité même.
» je vous demande, Messieurs, qu’est-ce que nos' rebelles» opposent à toutes ces preuves, sinon des conjectures frivoles,
» qui ne seraient pas suffisantes pour faire condamner la plus» vile servante du monde, quoyqu’ils les employent pour perdre’» une si haute Majesté? Dix mille bouches, telles que celles de» Mouray et ses complices, ne devraient pas faire une demy-» preuve contre l’honneur de Marie, et toutes fois on a la» patience de les écouter plustôt que de les châtier.
» Ils ont mis à la question ordinaire et extraordinaire de» pauvres serviteurs-, ils les ont déchirez et écorchez tout vifs,» pour leur faire accuser la Reyne. Jamais ont-ils dit une seule» parole efficace contre son innocence ? N’ont-ils pas déclaré» hautement et devant le peuple, au supplice, qu’Elle étoit» ignorante de tout ce qui s’est passé, et qu’ils ne luy avoient» jamais oüy dire aucune chose qui tendit à cet attentat?
» Toutes leurs raisons se bornent à deux conjectures, dont la» première dit que la Reyne a commis cet acte, en vengeance de» la mort de son secrétaire; la seconde, que ses amours et son» mariage avec le comte Bothuel, meurtrier de son mary, sont» pour Elle des charges inévitables. Mais je demande pour» répondre à la première : si la Reyne avoit envie de se venger,» sur qui devoit-elle exercer cette vengeance ? Sur un mary» qu’Elle aymoit avec des tendresses sans pareilles, qu’Elle» défendoit en toute compagnie, à qui Elle avoit donné une» abolition du meurtre de David Riccio, de peur qu’il n’en fût un» jour recherché; qu’Elle avoit nouvellement reçeu en grâce et» en une étroite amitié, à qui Elle rendit des témoignages d’un» amour extrême jusqu’à la dernière heure de sa vie? Est-ce sur» luy qu’Elle devoit décharger sa colère, ou sur ceux qui avoient» été les auteurs et les exécuteurs du crime? Si Elle a pardonné» au comte de Mouray et à Morton, ses ennemis jurez, qu’Ellc