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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

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mains de Monsigny, qui le mena ensuite à l’hostel de Retz, prèsle Louvre, où il le fit lier sur une chaise avec une table devantluy.

Le mesme jour, le sieur de Vitry, capitaine des gardes, etplusieurs de ses officiers allèrent promptement au Louvre, pourveiller à la seureté du fils [du Roy] et de ses frères. La ville deParis, qui ne devoit estre que triomphe le dimanche suivant (i),changea bientost sa joye en deuil et en affliction. Les portes etles boutiques furent fermées, et l’on n’entendoit dans tous lesquartiers que plaintes et ge'missemens. La Reyne, qui reçeutdans son cabinet la triste nouvelle de cet accident, en sortit touteémue pour voir le corps du Roy, qu’elle aymoit tendrement.Monsieur le Chancelier, qui tenoit alors le Conseil, ayant reçcula mesme nouvelle, se leva aussitost pour aller trouver la Reyne;il la rencontra comme elle sortoit, qui luy dit avec une vivedouleur : « Hélas ! le Roy est mort ! » Monsieur le Chancelier luyrespondit néanmoins devant elle, sans affecter aucune émotion,que les Roys ne mouroient point en France, et la supplia derentrer dans son cabinet. Il luy conseilla de retenir ses larmes,de crainte de donner lieu à quelque changement aux affaires del’Estat, que Sa Majesté devoit travailler pour le bien de tousses sujets et pour elle-mesme, et que Paris et son Royaumeavoient plus besoin de secours que de pleurs.

Les gardes furent tous mandez et vinrent en diligence se rendredevant le Louvre pour recevoir les ordres de leurs capitaines. Lesavenues estoient gardées de tous costés, on ne laissoit passer queles personnes distinguées. Les gardes du corps se rendirent aussyau dedans du Louvre, pour veiller à la conservation et à l’éta-blissement du Roy successeur. Messieurs les ducs de Guise etd’Espernon, accompagnez de la noblesse et de plusieurs autresseigneurs, marchèrent dans la ville pour calmer l’émotion dupeuple et le remettre dans sa première tranquillité. Monsieur leLieutenant civil et Monsieur le Prévost des marchands donnèrentleurs ordres dans tous les quartiers pour empescher les séditionspopulaires : ils firent fermer les portes de la ville, et par unconseil aussy sage que prudent, ils firent entendre au peuple àhaute voix que la blessure du Roy estoit légère et qu’il n’en

(i) La principale cérémonie du couronnement de la Reine devait avoir lieu le dimanche16 mai. (Mémoires de Sull 1 it. V, p. go.)