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LES DESSOUS DE T.’hISTOIRE
» offencé que moy en cest endroict ». Il nomma Monsieurd’Espernon, disant : « Combien de fois l’a-t-il desservy et» trahy ! » Mesme nomma Monsieur de Mayenne, [et] adioustaque sy le comte d’Essex (i) eust voullu demander pardon à laRoyne d’Angleterre, qu’elle [le] luy eust octroyé, « non à moy» qui le luy demande fort humblement, sans mettre en ligne de» compte les services de feu mon père, et les miens, et mes» plaintes qui le demandent aussy d’elles-mesmes ».
Sur ce que le Roy confisquoit tous ses biens, Monsieur leChancelier luy dict : « Le Roy a donné la confiscation des biens» à Messieurs vos parens, hormys le duché annexé à la Cou-» ronne ». Le Mareschal respond : « Il a regardé à peu de chose,» tant il a de venin en luy, et c’estoit peu pour en prendre» garde ».
« Et quoy ! on me faict donc mourir sur la depposition d’ung» sorcier et le plus grand nécromancien du monde? Il est vray» qu’il s’est servy à la malheure de mon ambition, m’ayant faict» veoir par plusieurs fois et parler au diable en particullier ». Ilfault icy rapporter les parolles qu’il a confessées au procez enses deppositions, ou quoy que ce fust, une image de cire que luyavoit faict veoir La Fin, luy avoit dict. bien particullièrement :
« Hep jupu pacibis est cisit eras licuescit morieres » {sic). « Qui ne veoit» ung manifeste ombrage en ce faulx menteur et séducteur.' »et aultres parolles sur ce subiect contre le dict de La Fin.
Et après il s’adressa à Monsieur le Chancelier, l’appellanthomme sans justice, sans foy, sans loy, et que c’estoit luy seulqui l’avoit condampné à la mort injustement et inicquement,estant innocent et coupable nullement, et que pour réparationqu’il luy faisoit il l’adiournoit d’huy en ung an et jour à com-’paroir devant Dieu, pour luy rendre compte de la justice qu’illuy faisoit, et avec parolles injuriables, Pappellant : « Statue!
» Grand nez ! Image plastre'e ! »
Et après, se pourmenant par la chambre à grands pas, res-pétoit souvent : « Ah! Minime, Minime! » qu’aucuns interprètent,suyvant ce que l’on a peu apprendre du procez, que le Minimeluy avoit dict que s’il ne révelloit personne, il iroit en Paradis,et s’il accusoit quelqu’un, qu’il seroit damné, et dict : « Hé bien !
(i) Robert d’Ëvreux, comte d’Essex.