CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER
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LETTRE DE MM. DE PONTAC, RICHON, RELYON,MONTAUDON, ESSENAULT-TIBAULT, DUBURG,DE TM AT Y (?), DE CHAPELAR,
PRÉSIDENS TRÉSORIERS DE FRANCE EN GUYENNE (i)
Monseigneur,
Yostre vertu et les éminentes qualitez qui sont en vous ayantobligé Sa Majesté à vous appeler à la plus importante charge deson Royaume, nous porte à nous esjouir du commun bonheurde la France, et à vous tesmoigner la part que nostre Compagnieprend aux joyes publiques que cause ceste agréable nouvelle, vousoffrant avecq respect les vœux de nostre obéissance. Le zèle quevous avez tousiours tesmoigné au service du Roy nous faictprendre une espérance certaine que vous nous favoriserez del’honneur de vostre protection dans l’exercice de nos charges,et que vous escouterez volontiers les justes plaintes que nousvous faisons contre Messieurs Estienne Boutté et Bretty, sur lesmalversations par eux commises, soulz prétexte de la liquidationdu domaine. Ces partisans, au lieu de liquider les droits usurpezsur le Roy, ont diminué les plus liquides, vendu des portions dudomaine, appliqué les deniers à leurs usages, sans avoir renducompte de leur maniement, ny remis ung sol dans l’espargne,bref, réduit les affaires du Roy en un point, qu’il n’y a pas assezde fonds dans les estats du domaine pour payer les chargeslocales, de quoy ayant donné advis et faict plainte à Messieursdu Conseil, et leur ayant pleinement justifié les dites malver-sations par diverses informations, que nous leur envoyasmespar le sieur Procureur du Roy de nostre Bureau, il fut donnéarrest au Conseil, le vingt-septiesme d’octobre mil six cent trente-deux, par lequel inhibitions et deffenses furent faictes au ditBoutté et ses associés en commun, de s’immiscer en la levée desdroits deubs au Roy, à peine de la vye, jusques à ce qu’il eustfaict estât et compte au Conseil de son maniement, et que pourcest effet il remettroit son estât par devers le sieur de Verthamon,conseiller du Roy et maistre des requestes ordinaire de son hostel,pour le voir examiner et en faire le rapport, duquel sy nous avons
(i) Dossier n° io8, tome I, pièce 12.