Band 
Tome I.
Seite
298
JPEG-Download
 

298

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

du Séneschal, qui en sera requis, affin qu’il fasse, par ordre duConseil, la dite information, qui ne pourra après cela estre des-battue par personne. Le dessein du dit Briet et de ceux qui luyadhèrent est d’inte'resser tout le Parlement avecq luy, en voulantpersuader à la Compagnie qu’on a entreprins sur leurs privilègespar la liberté que le dit sieur Lieutenant criminel s’est donnéed’informer contre ung de leur corps. A cest effet, ils l’ont appelédans la Chambre pour sçavoir l’estât de l’affaire. Il leur a réparty,comme il est vray, qu’il n’a point faict d’information contre aucunde leur corps, mais qu’ayant ouy ung prisonnier et des tesmoingssur une plainte qui luy avoit esté faicte par le Substitut du Pro-cureur général du Roy, il n’a pu, ny dû supprimer ce que lesdits tesmoings ont déposé dans le cours de leur audition. Celane les satisfaisant pas, ceux qui favorisent les inte'rests de Brietvoulant contraindre le dit Lieutenant criminel et le greffier deremettre ceste procédure, et moy, Monsieur, qui ay l’intérest quevous sçavez à la confirmer, j’ay donné ordre pour faire présenterune requeste en mon nom au Conseil, affin d’obtenir pour le ditsieur Lieutenant criminel la commission nécessaire pour procéderà la dite information. Je pense la debvoir espérer en justice,puisque mon nom paroissant en cela, et le Parlement ne pouvantcognoistre de mes intérests, il semble qu’il y a toutes sortes deraisons à m’accorder ce que je demande. En une affaire qui n’estque dans les termes ordinaires de la justice, je n’ay pas creudebvoir importuner Monsieur le Cardinal. Obligez-moy, Mon-sieur, en cas qu’il veuille estre informé de ces particularitez, deprendre la peyne de les luy faire entendre. Je ne demande vosoffices que pour l’appuy de l’innocence et de la vérité, et sçachantl’inclination que vous avez pour l’une et pour l’autre, jointe à lafaveur que vous m’avez tousiours faicte d’avoir mes intérests enconsidération, je me promets que vous ne me desnierez pas encecy des effets de vostre justice accoustumée, comme je vous ensupplie bien humblement, et je seray obligé à demeurer de plusen plus,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Louis de La Valette.

A Bourdeaux, le xx aoust i635.