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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER

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LETTRE DU DUC DE LA VALETTE (i)Monsieur,

Je reçeus, il y a quelques jours, ung commandement du Royd’assister à l’enregistrement de l’Edit que Sa Majesté' de'siroitestre faict, en la Cour de Parlement de Bourdeaux, d’ung Pre-sident et douze Conseillers de Cour au dit Parlement, à quoym’estant mis en debvoir de satisfaire, j’ay reçeu, de la part dudit Parlement, toutes les traverses qui se pouvoient imaginer,pour me ristourner de rendre le service que Sa Majesté' mefaisoit l’honneur de de'sirer de moy en ceste occasion. Il y ave'ritablement d’honnestes gens, mais le nombre des jeunes,appuyez d’aucuns de la Grand’Chambre, l’emporte sy fort dessusles mieux sensez, qu’il ne se faut promettre rien de re'gle', ny demode're', de la violence de ces esprits. Le 17 e de ce mois, quelques-ungs de mes lacquays, se promenant par la ville, furent ren-contrez sur la rue du carrosse de Briet, dans lequel on ditqu’il estoit seul. Son cocher, qui avoit eu peut-estre quelquechose à de'mesler avecq mes dits lacquays, ou qui estoit yvre, leschoqua, et, non content de cela, donna à l’ung d’eux de sonfouet par le visage. Ce mauvais traitement les obligea à mettrel’espe'e à la main (sans qu’ils eussent apperçeu le maistre), maisayant mis ses chevaux au galop, et les lacquays ne le pouvantjoindre, ils donnèrent de l’espe'e dans les flancs des dits chevaux,qui tombèrent par terre et le cocher aussy, lequel n’eut point demal, n’ayant rien que quelques coups de plat d’espe'e. PourBriet, il n’eut ny mal, ny desplaisir quelconque. Ceste affaire,qui n’est rien de soy (car il s’agit d’une querelle de lacquays àcocher), a este' traite'e de Messieurs du Parlement comme le plusgrand crime qu’on sçauroit commettre. Dès le lendemain matin,ils assemblèrent les Chambres, extorquèrent par violence, contrel’advis de la Grande et des plus sages des Enquestes, qu’il seroitinforme' de ceste action, les Chambres assemble'es, ne s’estantoccupez qu’à instruyre une information de ne'ant, et à de'cre'terde prise de corps contre mes lacquays, et tout cela, Monsieur, àdessein de me destourner d’entrer en la Compagnie, pour ne se

(1) Dossier no 107, tome I, pièce 105.