CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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LETTRE DE M. DEFAU (au nom du Parlement) (i)Nostre très-honoré Seigneur,
Aucuns des Conseillers de la Cour, commissaires de'putez parle Roy pour la recherche de ceux qui ont rougne' et altéré lesmonnoyes, ayant pre'sente' leur commission au Parlement, aprèsavoir este' communique'e au sieur Procureur ge'ne'ral de Sa Ma-jesté', nous l’avons trouve'e sy importante et injurieuse au peuple,et sy préjudiciable au repos et tranquillité' de la province, quenous avons juge' à propos, pour le service de Sa Majesté', d’enarrester l’exe'cution, et avons charge' le dit sieur Procureur gc'-ne'ral d’envoyer au sieur de Loyac, nostre de'pute', les Me'moireset instructions sur lesquels nous avons fondé ceste sursoyance,avecq la commission en original, laquelle vous trouverez altéréeen ce qu’on a rayé le nom d’ung des Commissaires, et remplyd’ung autre, ensemble celuy du Substitut du dit Procureur gé-néral et du greffier de la dite Commission, d’autre main que de lavostre. Oultre qu’au commencement de la dite commission il n’estfaict mention que pour l’estendue de la ville de Bourdeaux etEslection d’icelle, et néantmoins dans le corps de la dite com-mission ils ont faict glisser pour tout le ressort de la Cour, quimonstre la surprinse qui vous a esté faicte, et ce qui est de plusconsidérable est que les quatre partisans de la dite commission,qui ont esté condamnez en amendes par arrest de la Cour etexécutez figurativement dans la ville, sont aujourd’huy ceux quiont choisy leurs plus proches parens pour Commissaires, et parce pour se rembourser des condamnations contre eux intervenues;que sy elle estoit exécutée en ceste forme, ce seroit le moyen deruyner entièrement la province. Nous vous supplions, nostre très-honoré Seigneur, d'y apporter, par vostre authorité et justice, leremède convenable, en sorte que les principaux autheurs et cri-minels, ainsy que sont les traitans, ne profitent de leurs crimes etinfamies à la ruyne et désolation des peuples, ce qu’attendant devostre zèle et affection au bien et soulagement des subietz duRoy, nous continuerons nos prières à Dieu à ce qu’il luy plaise,Nostre très-honoré Seigneur,
(i) Dossier n° 108, tonie I, pièce 55.