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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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qui debvoit précéder l’arrest qui portoit leur interdiction, ennous faisant justement appréhender le mal, nous auroit donnéle moyen de l’esviter. Mais, au lieu d’exécuter ce que vous aviezordonné, les Trésoriers, se servant du dernier sans nous avoirdonné cognoissance de l’autre, et croyant par ceste procédureextraordinaire, de mesme que par les précédentes, surprendreencore une fois vostre religion, se sont efforcez de nous rendrecoupables en nous empeschant de paroistre innocens, mesmecontinuent ce pernicieux dessein, affïn de nous pouvoir accuserde désobéissance. En nous ostant les occasions d’obéir, ils ontnégligé jusques à présent l’exécution de l’arrest qu’ils avoient svpassionnément désiré, et ont mieux aymé se priver de l’advantagequ’il leur procure, bien qu’il soit sans exemple, que du plaisirde rendre nostre douleur plus longue et plus sensible par cedillayement. Cela nous faict croire, Monseigneur, puisque vousavez eu assez de bonté pour tesmoigner par une lettre qu’ils ontsupprimée avecq trop de hardiesse, que la sévérité dont leConseil avoit usé estoit plustost une peyne destinée à la faulteque nous eussions peu commettre qu’à celle qu’on nous accusoitd’avoir commise, que vous n’en manquerez pas encore pourréparer le mal que vous désiriez empescher par la première, enpermettant à nos collègues de continuer l’exercice de leurscharges, veu mesme que nous ne vous demandons ceste grâcequ’à la faveur des nouvelles asseurances que nous vous donnonsde subir l’exécution de l’arrest du Conseil, lorsque nos parties lademanderont comme elles doibvent et comme vous l’avez désiré,avecq ceste seule réservation, que nous sçavons bien ne pas vousestre désagréable, de vous pouvoir demander ensuite ce que vousaccordez à tous nos semblables et que nous sommes asseurezd’obtenir, parce que les bonnes causes ne doibvent rien craindreoù vous présidez, ny les mauvaises rien espérer, et parce quenous sommes véritablement,

Monseigneur, t

vos très-humbles et très-obéissans serviteurs,

Les gens tenant la Cour des Aides de Guyenne,

Dumas.

A Bourdeaux, ce 2 avril 1647.