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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

contres, les intentions de Leurs Majestez et de me croire ce-pendant,

Monsieur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Bourdeaux, ce 19 juillet 1648.

LETTRE DU DUC D’ÉPERNON (1)

Monsieur,

Nous avons besoin pour le repos de ceste province des ordresde la Cour. Sy nous pressons l’imposition et la leve'e des taillesselon le despartement des Intendans, nous mettrons en dangerla tranquillité' publique et avons suitte de craindre des esmotionsde dangereuse conse'quence. La résistance, que les peuples sontrésolus d’apporter pour leur soulagement, a pour autheurs ceuxqui la debvroient punir. Les Parlemens et Cours souverainesloüeront tousiours ceux qui exécuteront leurs arrests, et nousn’avons point d’autres juges pour faire condamner les coupables,et quand nous aurions d’autres juges, nous n’avons pas de forcespour faire exécuter leurs jugemens contre la multitude qui s’op-pose à l’imposition par l’authorité des Intendans. Vous jugezbien, Monsieur, de ceste disposition de la province, qu’il esttrès-nécessaire que nous recevions au plus tost les ordres de SaMajesté sur ces difficultez. Je crois que les plus expédiens seraientd’ordonner aux Officiers ordinaires de pourveoir au plus tost à lalevée des tailles. Je recevray ceux qu’on nous enverra avecq lerespect que je doibs, et apporteray pour les faire valoir et pourle reste qui despend de ma charge tout ce qu’on pourra désirer,Monsieur,

de vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Bourdeaux, ce 23 juillet 1648.

(1) Dossier n° 87, pièce 19. Le post-scriptum est autographe.