l’amiral De C0L1GNY
IX
roïques, de splendeurs et de misères, voudraient, pourhistoriographe, un poète de génie, comme Dante, etqui pût, comme Dante, poète inspiré et presque pro-phète, franchir les neuf cercles de cet enfer !
Il est à peu près impossible d’écrire d’un seul jet,dans un ouvrage unique, si volumineux et compactequ’il pût être, l’histoire du seizième siècle en France.Les faits sont trop enchevêtrés, les caractères tropcomplexes, et peut-être serait-il difficile de remonterle courant d’opinions que notre légèreté d’apprécia-tion en matière historique a formé d’après les chro-niqueurs badins, les conteurs familiers, les satiriquesde cour, imposés à notre goût du frivole, du roma-nesque, à notre amour du paradoxe élégant et del’érudition superficielle, par l’école dont feu Micheletfut le protagoniste.
Mais s’il est redoutable d’aborder la discussiongénérale de la philosophie de l’histoire, quand on estcontraint de résumer toutes lès péripéties d’un siècleen un seul volume, il ne l’est point d’examiner uneindividualité dans le cadre des événements où elle semouvait : il est, au contraire, commode et facile, enpareil cas, d’appliquer rigoureusement ce que noscontemporains appellent volontiers la méthode scien-tifique, le procédé anatomique; on étudie son person-nage, comme le médecin armé du scalpel et du bis-touri dissèque un cadavre.
C’est ce que MM. Urbain Legeay, Siméon Luce,