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philosophiques, il y avait des politiciens et des hommesd’action prêts à transformer ces rêves en réalités. Lapreuve en est dans un fait assez curieux et qui mérited’être rapporté.
Le 9 thermidor an IV — (2 août 1796), — à laséance des Cinq-Cents, il fut lu une pétition de Ben-jamin Constant de Rebecque, qui, réclamant le bénéficedes lois précédemment rendues relativement aux reli-gionnaires français, demandait à jouir, des droits decitoyen. Le Moniteur a reproduit la pétition tout entière.
« Je viens, disait le pétitionnaire, réclamer le béné-fice d’une loi si juste, qu’elle a traversé les révolutionsde six années, sans qu’aucun parti l’attaquât. Mon pèreen a déjà profité. Le 9 novembre 1791, il s’est présentéà la municipalité de Dole, département du Jura; il ajustifié de son origine comme descendant de cet Au-gustin Constant Rebecque qui, ayant servi le partiprotestant et formé avec les chefs du protestantisme leprojet hardi de fonder une République en France, futobligé de quitter sa patrie pour les persécutions de reli-gion. Sur ce fait prouvé par mon père, il a été admis àprêter le serment civique et reconnu Français. »
Benjamin Constant renvoyait à titre de preuve de cequ’il affirmait, aux Mémoires de Sully (1). En effet,Sully rapporte que, dans une conférence tenue par leschefs calvinistes à Montauban en 1595, et puis dansune autre conférence qui suivit celle-là de très près, àSaint-Paul de La Miatte, diocèse de Castres, on accordaaudience à un ministre-docteur, envoyé par l’électeurpalatin, nommé Butrick. Le vicomte de Turenne -y
(1) Mémoires de Maximilien de Béthune, duc de Sully, recueilliset mis en ordre par M. D. L. (M. de l’Ecluse. Londres, 1745.3 volumes in-4°.)