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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

calvinisme comme il se serait jeté dans un champ debataille, sans regarder en arrière.

« Dès qu’il eut une conviction, il voulut la faire par-tager à ses deux frères, le cardinal de Chàtillon etGaspard de Coligny. Il leur adressa d’étranges, d’élo-quentes lettres. Cette fois, le théologien était un soldatqui écrivait de l’abondance du cœur, sous les voûtespesantes d’un donjon et avec une pointe d’acier. Sacroyance était une guerre.

« Au reste, son àme était si bien possédée du dogmenouveau et son accent fut si fort, qu’il entraîna sesdeux frères. Sous l’impression de cet apostolat d’unprisonnier et sous le coup do sa correspondance, ilslurent à leur tour les livres du docteur de Genève, età leur tour ils se liront calvinistes (1). »

Bien que secrète, leur apostasie transpira. Le der-nier câble se rompit alors entre François de Lorraineet Gaspard de Chàtillon, pourvu de la charge d’amiralde France, après la mort du seigneur d’Annebaut,en 1552.

Après s’être peu à peu détaché l’un de l’autre, unlien religieux les retenait encore. Mais quand il sebrisa, leur longue amitié se changea en une haineimplacable.

« Cette haine, jusque-là comprimée, éclata le soirde la bataille de ltenty. On se souvient comment le ducde Guise attira ses ennemis, et comment il permit auduc de Nemours de les charger. Ce qu’il avait fait parcondescendance, par politesse d’un héros à un héros,on répandit qu’il l’avait fait par calcul de prudence per-

(1) Dargacd : Histoire de la liberté religieuse, t. I er , 1. V, p. J ',6et suiv.