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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral DE COLIGNY

2!)

chez les catholiques, dans la vieille France enfin, laplace que pouvait ambitionner un homme commeColigny, avec la gloire, l’honneur, le commandement,la popularité, cette place était prise par le duc Fran-çois de Guise et la maison de Lorraine; et c’étaitla gloire, le commandement et la popularité que leshuguenots pouvaient offrir à l’amiral, s’il consentaità se mettre à leur tête. On peut dire à ses apologistesprotestants qu’il était bien ambitieux pour un apôtre,et à ses détracteurs, que c’était un ambitieux réelle-ment convaincu.

« Coligny était moralement ennemi de la cour, dugouvernement, des mœurs et des dérèglements de toutgenre de son temps ; il pouvait voir dans la religionnouvelle, avec laquelle d’ailleurs son caractère sympa-thisait, une tentative de réforme cruellement persé-cutée; d’un autre côté, il haïssait les Guise et rêvait lapuissance. N’était-il pas marqué d’avance pour servirde drapeau à la cause des huguenots?

« Mais l’amiral avait une intelligence bien trop hautepour se compromettre seul et risquer de se perdreinutilement. Quand je dis qu’il rêvait la puissance, quepouvait-il espérer? Se substituer lui et les siens auduc de Guise et à la maison de Lorraine. Les partisansdes Guise ont accusé l’amiral d’avoir rêvé plus haut;les huguenots ont jeté le même reproche aux Guise.Les Guise, et encore bien moins les Ghâtillon, n’ontjamais pu avoir une idée aussi impossible à réaliser alorsque celle d’une usurpation de la couronne de France (t).Castelnau fait bonne justice de ces imputations :

(1) Gaspard de Coligny, par le prince Eugène de Caraman-Chimay.

2.