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l'amiral DE C0L1GNY
tent. La pensée dominante de ces deux réformateursest de se soustraire aux vœux qui les enchaînent.
Sitôt qu’ils ont échangé la vie modeste, humble etlaborieuse, contre la vie agitée et tumultueuse del’aventurier, ils aspirent à leur tour à la puissance.Luther, qui proteste contre la suprématie du Pontiferomain, se fait le chef infaillible, impeccable, d’unesecte plus intolérante que la religion qu’il a trahie.Jean Calvin, en fondant à Genève une république, s’endéclare le consul. Et combien il est plus despote queles tyrans de Syracuse! Et combien il est plus féroce,dans ses proscriptions, que Sylla et Tibère!
La Réforme fut donc une révolution politique, abritéesous le voile d’un mouvement religieux; elle fut poli-tique dans son origine, dans son but, dans ses consé-quences. En Allemagne, elle est socialiste avec Luther;à Genève, républicaine avec Calvin.
La Réforme procède de la Renaissance.
Ce retour au culte de la forme, essentiellement païen,avait amené dans l’Eglise une sorte d’affaissementmoral, qui se trahissait par la légèreté des mœurs etfaisait dévoyer les plus belles intelligences. On a ditqu’elle produisit l’indépendance de l’esprit. C’est vrai;mais, suivant l’expression d’un grand écrivain, l’indé-pendance de l’esprit conduit au doute et à l’incrédulité.
L’art gagna peut-être à ce retour vers le sensualisme,l'intelligence y perdit. Ce fut peut-être un progrèsmatériel; ce fut, à coup sûr, une profonde décadencemorale. La Renaissance aida l’avènement de la Ré-forme; celle-ci devait engendrer la Révolution. C’estqu’on ne touche pas impunément à la religion d’unpeuple.
« La religion est le lien du rapport qui, en unissant