Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
38
JPEG-Download
 

38 L’AMIRAL DE C0L1GNY

« cipaux marchands, pour, par là, vous rendre maître« des élections. »

« La bourgeoisie prenait en outre une part considé-rable à l’administration des affaires de l’Etat par lesfonctions qu’elle était appelée à remplir dans les con-seils du roi et dans les cours de justice.

« A ces prérogatives spéciales, dont jouissaient àdivers titres le clergé, la noblesse et la bourgeoisie, sejoignait l’institution des Etats Généraux. Les attribu-tions de ces-grands conseils de la nation n’étaient passans doute nettement définies, on ne les convoquaitpas à des époques déterminées, souvent même il sepassait de longs intervalles sans qu’on songeât à lesréunir; de plus, ils n’avaient donné jusque-là que peude résultats. Cependant, ce n’était pas un fait sansimportance que l’existence de ces assemblées danslesquelles la nation discutait publiquement les affairesde l’Etat, faisait entendre ses doléances, exposait sesvœux, demandait la réforme des abus, préparait leslois qui devaient y porter remède, votait les impôts, etparfois ne craignait pas d’entrer ouvertement en luttecontre le pouvoir royal, ainsi qu’il était arrivé au qua-torzième siècle, et dernièrement encore aux Etats de1577.

« Ainsi la France était une monarchie, mais unemonarchie tempérée par des institutions qui, malgréles récents accroissements du pouvoir royal, faisaientà l’action libre des diverses classes de la nation unepart assez grande, pour que l’orateur du clergé, auxderniers Etats Généraux, ait pu la définir en cestermes :

« Notre royaume, Sire, avait-il dit en s’adres-« sant au roi, notre royaume est certes monarchie,