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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L AMIRAL DE C0L1GNY

Calvin est lhomme bilieux, ne perchant jamais devue son idée fixe, au milieu de ses emportements. Cestlambition froide, sèche, réfléchie; cest lesprit révo-lutionnaire avec toutes ses exigences, mais réglé, mé-thodique, à létat de fait positif et inflexible, mêmedans ses plus grands excès. Il y a toujours erre-ment, mais non plus hésitation. Il sait ce quil veut,celui- ; il sait quil lui faut, non seulement saffran-chir de toute autorité, mais encore dominer à sontour.

« Pour avoir une juste idée de laménité de soncaractère, il nest pas inutile de rappeler laveu quila ,fait lui-même : « Je mefforce, dit-il, de combattre« sans cesse mes défauts; ils sont nombreux, je lecc sais ; mais il en est un surtout contre lequel je lutte« inutilement : cest la colère. Je nai jamais pu domp-u 1er cette bête féroce (1). »

« Le mouvement de la Réforme, qui va se calmer, ditencore M. Philarète Chasles, dont il est inutile defaire ressortir la partialité, environne la grande etterrible figure de Calvin : cest lui qui est lorganisa-teur, le pontife et qui arrête le flot dans sa course ; ilbâtit avec des ruines ; il institue et crée une républiquereligieuse et bourgeoise, fondée sur cette doctrinedexamen destinée à tout détruire. Cest précisémentce besoin que le génie de Calvin éprouve de contra-rier le principe même de la Réforme, de tirer de ce quiest essentiellement désorganisateur un parti dorga-nisation, de faire servir le doute à la création, lexa-men à la stabilité, le protestantisme à un nouveaucatholicisme, un dogme destructeur à une fondation ;

(1) E. Mahon de Monaghan : lEglise, la Réforme, etc. etc.