L AMIRAL DE C0L1GNY
Calvin est l’homme bilieux, ne perchant jamais devue son idée fixe, au milieu de ses emportements. C’estl’ambition froide, sèche, réfléchie; c’est l’esprit révo-lutionnaire avec toutes ses exigences, mais réglé, mé-thodique, à l’état de fait positif et inflexible, mêmedans ses plus grands excès. Il y a toujours erre-ment, mais non plus hésitation. Il sait ce qu’il veut,celui-là ; il sait qu’il lui faut, non seulement s’affran-chir de toute autorité, mais encore dominer à sontour.
« Pour avoir une juste idée de l’aménité de soncaractère, il n’est pas inutile de rappeler l’aveu qu’ila ,fait lui-même : « Je m’efforce, dit-il, de combattre« sans cesse mes défauts; ils sont nombreux, je lecc sais ; mais il en est un surtout contre lequel je lutte« inutilement : c’est la colère. Je n’ai jamais pu domp-u 1er cette bête féroce (1). »
« Le mouvement de la Réforme, qui va se calmer, ditencore M. Philarète Chasles, — dont il est inutile defaire ressortir la partialité, — environne la grande etterrible figure de Calvin : c’est lui qui est l’organisa-teur, le pontife et qui arrête le flot dans sa course ; ilbâtit avec des ruines ; il institue et crée une républiquereligieuse et bourgeoise, fondée sur cette doctrined’examen destinée à tout détruire. C’est précisémentce besoin que le génie de Calvin éprouve de contra-rier le principe même de la Réforme, de tirer de ce quiest essentiellement désorganisateur un parti d’orga-nisation, de faire servir le doute à la création, l’exa-men à la stabilité, le protestantisme à un nouveaucatholicisme, un dogme destructeur à une fondation ;
(1) E. Mahon de Monaghan : l’Eglise, la Réforme, etc. etc.