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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

royaume). La fève échoit en partage à sa femme. Oncrie : « Le roy boyt. » Pour une telle insolence , le con-sistoire les condamne à vingt-quatre heures de prison,au pain et à l’eau (t). C’était dur. Pour avoir mangéune douzaine de petits pâtés, trois ouvriers sont censésavoir dépassé la limite de la tempérance. Ils expientleur friandise par trois jours de prison, au pain et àl’eau.

Mais ces lois si terribles à la fois et si puériles n’é-taient faites que pour les petites gens. Calvin ne lespratiquait guère, en ce qui le concernait. Nous voyons,dans Y Histoire de la Réforme et des Réformateurs deCharpenne, que le Conseil se montrait généreux enversCalvin. Il avait acheté et meublé pour lui sa maison de larue des Chanoines; élevé son traitement à mille francsenviron par an, auquel il ajoutait douze setiers de bléet deux tonnes de vin, « gages considérables », disentles Registres de la ville.

Calvin avait souvent à sa table des étrangers de dis-tinction, des ministres suisses et des réfugiés. « C’estchose certaine, dit Boisée, que tous les gentilshommesfrançais et tous les riches venant demeurer à Genève,à cause de leur religion, ne pouvaient lui faire plusgrand plaisir, ni mieux acquérir sa faveur et amitiéque de lui faire banquets et festins, tant au disnerqu’au souper; et chacun faisait à l’envi de le banqueterau mieux qu’il lui était possible, tant en abondancequ’en délicatesse de viande. De manière que le gibieret bon morceaux commencèrent à renchérir, ce quicausa un double murmure et scandale à Genève pourla gourmandise des étrangers, particulièrement des

(1) Registre du Conseil de Genève, 21 février 1572,