L AMIRAL DE COLIGNY
73
sang qui consentît à légitimer votre entreprise et àdiriger votre courage., refuseriez-vous de le reconnaîtrepour chef (1)? »
Tous répondirent qu’ils le reconnaîtraient et qu’ilsmarcheraient sous ses ordres. La Renaudie leur nommale prince de Condé, aux acclamations de tous les cons-pirateurs qui jurèrent de ne rentrer dans leurs foyersqu’après avoir ôté aux Guises l’autorité souveraine,usurpée, disaient les conjurés, sans le consentementdes États, et de demander tolérance pour la religionréformée, « combien pourtant que le bruit fut qu’entout cela, il y avait plus de mal contentement que dehuguenoterie ! » Après les conventions arrêtées àNantes, au mois de février 1560, La Renaudie se rendità Blois, et, dans ses conférences avec le prince deCondé, qui était alors avec le roi, il lui soumit le plande la conjuration, dont le prince trouva la conclusionbonne (2). •
De Blois, La Renaudie partit pour Paris, afin d’yprendre les dispositions nécessaires pour assurer lesecret du complot. « 11 descendit chez un avocat, sonami, nommé Pierre A venelles, dont la maison fut aus-sitôt le rendez-vous général des réformés. Cette af-fluence inaccoutumée surprit l’avocat, et il en mani-festa son'étonnement à La Renaudie. Celui-ci, croyantqu’il n’y avait aucun inconvénient à révéler l’entrepriseà un homme auquel il se fiait comme à lui-même, lalui découvrit en partie. Avenelles, transporté de joied’abord, demanda à en partager les dangers, mais, lelendemain, effrayé de voir sa maison devenir le centre
(1) i.-A. Petit : Histoire de Marie Stuart , t. 1er.
(2) V. de Thou; Castelnau.