Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
79
JPEG-Download
 

l’amiral de coligny

79

commission, choisie dans le sein du parlement et pré-sidée par de Thou, fut chargée d’instruire le procès.Le prince récusa ses juges : on nomma un secondtribunal, composé de pairs, de chevaliers de l’ordre,de membres du conseil privé, et cette haute cour, aprèsavoir pris connaissance des charges, qui étaient évi-dentes, prononça, le 26 novembre, la condamnationdu prince, en le déclarant coupable de conspiration,de trahison et d’hérésie. « Il est vrai, fait observerDareste, que le chancelier et un des juges, soit parscrupule de légalité, soit par motif politique, refusèrentde signer l’arrêt. »

Coligny ne s’en rendit pas moins à Orléans, et peut-être fût-on enfin parvenu à couper le mal dans saracine, en en finissant une bonne fois avec tous cesartisans de conspirations et fauteurs de rébellion, siFrançois II n’était tout à coup tombé malade, et n’eutété enlevé en quelques jours. Il mourut le 5 novembre1560.

Si nous passons rapidement sur des faits histo-riques qu’il suffit de résumer sommairement pourrelier les diverses parties de notre récit il nous estpermis de nous arrêter aux faits intéressants à discuter.

C’est pourquoi nous devons, ce semble, traiter laquestion de la mort de François II, et démontrer quece malheureux jeune roi ne fut point, comme on l’aprétendu, la victime d’un empoisonnement. On a mêmeosé accuser Catherine de Médicis de ce crime abomi-nable. La savante dissertation du docteur Corlieu dé-truit cette horrible calomnie, et puisque nous faisonsun travail de rectification historique, on nous saura gréde la rapporter textuellement.