82
l’amiral de coligny
symptômes cérébraux se sont développés, tels quesyncope, hallucinations, assoupissement, etc.; d’oùl’on peut établir que François II a succombé à unecarie du rocher et à un épanchement cérébral consé-cutif, et nullement à un empoisonnement (1). »
Charles IX, qui succédait à François II, n’avait queonze ans. La régence pouvait être disputée à Catherinepar le roi de Navarre, premier prince du sang. Cédantaux conseils de L’Hôpital, la reine mère se rapprochad’Antoine de Bourbon, obtint de lui qu’il fît une pro-fession de foi catholique, lui promit de le faire lieute-nant général Üu royaume, et de rendre la liberté auprince de Condé. En même temps elle faisait desavances à Montmorency.
« A la mort de son fils François II, elle ne se laisseplus surprendre par les Guises, et s’empare de larégence avec la plus grande habileté. Cette fois, elleles écarte fort adroitement, pour gouverner avec unhomme tout à sa dévotion, le roi de Navarre, le plusproche collatéral du jeune roi, qui, pour elle, renonce àla régence, dont il est en possession en vertu des loisde l’État, et qu’elle nomme lieutenant général duroyaume. Elle s’empare si bien de son esprit, qu’ellepeut dire de lui : « Il m’est si obéissant, qu’il n’a nul« commandement que celui que je lui permets. » Quantà elle, elle prend la meilleure part, les dépêches, lesaudiences aux ambassadeurs; elle s’empare du sceauroyal, marque essentielle du pouvoir. Sans tenircompte des observations du nonce, elle se rapproche
(1) La mort des rois de France depuis François J" jusqu’à laRévolution française, études médicales et historiques, par le doc-teur A. Corlieu. (Paris, Germer Baillière, 1873.)