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l’amiral de coligny
ni d’amitié, se tenait l’oreille au guet et, plein (ledéfiance, écoutait (le quel côté naissait quelque rumeur.Les huguenots craignaient, les catholiques craignaient,le prince craignait, les sujets craignaient. Pour dire lavérité, le prince craignait beaucoup plus, et beaucoupplus craignaient les catholiques que les huguenots. Cesderniers, en effet, devenus hardis et même insolents,s’inquiétant peu des édits de pacification et des autrescommandements royaux, cherchaient par tous lesmoyens possibles à propager et à étendre leur religion,prêchant en divers lieux prohibés et jusque dans laville de Paris, où le peuple est si dévot (sauf un petitnombre) et tellement hostile envers eux, que je puisaffirmer avec toute raison qu’il n’y a pas, dans dix desplus grandes cités d’Italie, autant de dévotion ni autantde haine contre les ennemis (1e notre foi. N’en tenantaucun compte néanmoins, ils se permettaient de seréunir dans des maisons particulières, et, en place decloches, ils s’appelaient la nuit à coups d’arquebuse.Les catholiques, au contraire, étaient tenus en respect,et la sérénissime reine n’osait faire aucune chose dontles huguenots eussent pu concevoir le moindre soupçon;au contraire, feignant de ne pas voir ce qu’ils faisaient,elle les toléra.it avec patience, leur faisait un accueilaffable, leur accordait des dons, des faveurs, avec unebienveillance apparente. Sa Majesté -croyait (commeelle me l’a dit maintes fois de sa propre bouche) lesrendre, par ces moyens, satisfaits et tranquilles. Elleespérait, en les traitant de la sorte, de voir consumeravec le temps celte humeur, qu’elle regardait plutôtcomme de l’ambition et un désir de vengeance quecomme un effet de religion; elle espérait aussi quel’obéissance augmenterait chez les sujets à mesure que