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l’amiral DE C0L1GNY
dans l’exercice de leur culte, accordé par l’édit dejanvier. Il allait au prêche, suivi de plusieurs centainesde cavaliers armés, et accompagné de Bèze, qui portaitlui-même une cuirasse. La moindre rixe entre catholi-ques et protestants paraissait devoir amener une colli-sion entre les princes. « C’est, écrivait Pasquier, unvrai ctiaos et confusion; toutes sortes de gens, tant del’un que de l’autre parti, s’assemblent dans la ville,leurs chefs et les principaux capitaines y étant; lescoups de pistolet et de canon nous servent de caril-lon (1). »
Condé appela près de lui ses parents, ses amis et lesChâtillon. Il écrivit à Coligny « que César n’avait passeulement passé le Itubicon, qu’il était déjà rentré àRome et que ses étendards commençaient à branler parles campagnes ». Catherine emmenait le petit roi deMelun à Fontainebleau et de là à Vincennes.
Sans respect pour les édits, les protestants conti-nuaient à renverser les croix, à profaner les autels, àdévaster les couvents et les églises, à en chasser lesmoines et les prêtres, s’exhortant dans le langage del’Ecriture à détruire l’idolâtrie. Les apostasies se multi-plièrent au milieu de ses fureurs. Même l’université deParis eut ses renégats : Pierre de la Ramée (Ramus),principal du collège de Presle, fit abattre, dans la cha-pelle de cette maison, tous les symboles de la foi catho-lique. Ce fut un scandale horrible, et le Parlement dutintervenir par des arrêts.
Condé écrivit aux Églises réformées pour qu’ellesfissent des levées d’hommes et d’argent. Ces dernièresdemandes furent appuyées par les ministres- calvi-
(1) Dareste : Histoire de France, t. IV, 1. XXIV.