l’amiral de coligny
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à sa droite et Châteauneuf à sa gauche, l’armée royalefaisait, de son côté, un circuit analogue. Mais les ten-tatives que les huguenots furent obligés de faire contreEtampes et Chartres, et le temps qu’ils perdirent pourpasser l’Eure à Mézières, permirent à l’armée royalede gagner tout un jour et de venir camper sur unepetite colline plantée de vignes et voisine de la ville deDreux, barrant ainsi le chemin à Gondé. Dans la nuitdu 18 décembre, Montmorency avait fait passer larivière à son armée en deux endroits, ainsi qu’à touteson artillerie.
Condé, pris à l’improvisle, ne put même pas fairereconnaître l’armée royale, ni se rendre maître d’aucundes villages construits sur la rive de l’Eure. Les deuxarmées étaient en présence, et la bataille décisive,depuis si longtemps attendue, était désormais inévi-table.
Dès l’aube, l’armée catholique s’ébranlait, aux lueurspâles d’une aurore d’hiver.
Au quartier du duc de Guise, on fut debout auxpremiers sons du clairon. Les rideaux de la tenteducale s’écartèrent et le duc parut, armé de pied encap d’une riche cuirasse milanaise, damasquinée d’ar-gent, sur laquelle flottait une cotte en treillis noir.Son écuyer, Yaricarville, était vêtu exactement commelui.
ün autel avait été dressé sous un pavillon forméde drapeaux et d’étendards. Un chapelain y célébra lamesse, et le duc communia, ainsi que plusieurs de sesofficiers : touchante et noble coutume des grands gé-néraux de l’ancien temps, qui savaient bien que Dieuseul donne la victoire et qu’il faut toujours être prêt,« car nul ne sait le iour ni l’heure ».