l’amiral de cdligny
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qui régnait clans la réserve de Guise : « Voilà, s’écria-t-il, une guerre qui sera bien difficile à écorcher! »
Le prince de Gondé cherchait vainement à rallier sacavalerie que paralysait le feu continuel de huits centsarquebusiers postés par le maréchal de Saint-André.
Le carnage devient effroyable; Gondé perd son che-val tué d’une balle, et à l’instant où il veut en changer,blessé à la main droite, enveloppé par le marquis d’El-bœuf, il est contraint à se rendre au fils du connétable,d’Anville, ardent à venger son père.
Le maréchal de Saint-André, qui n’avait pas quitté leduc de Guise pendant toute la journée, s’avisa sur lesoir d’attaquer, avec une cinquantaine de cavaliers,une troupe de huguenots battant en retraite.
Les huguenots, enragés de bataille, se jettent surl’escorte du maréchal, repoussent ses gentilshommeset s’emparent de lui.
Désespéré d’être pris ainsi, le soir d’une victoire, enpoursuivant des fugitifs : inquiet de se voir aux mainsd’un homme qu’il a cruellement outragé, le maréchalappelle à grands cris le prince de Porcien, qui passenon loin de là et lui déclare que c’est à lui qu’il serend.
Trop petit compagnon pour disputer au prince dePorcien son illustre captif, le chef des bandouliersprend son pistolet et casse la tête au maréchal.
Parvenu à rallier quinze ou seize cents chevaux dansun petit vallon, à la faveur d’un bois taillis, l’amiralde Coligny était revenu à la charge avec fureur dansl’espoir de délivrer Condé et de rompre les escadronsde Guise. Celui-ci l’attendait avec deux mille arquebu-siers. La rencontre fut terrible; la cavalerie du ducplia d’abord; lui-même courut les plus grands dangers;