Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
183
JPEG-Download
 

L AMIRAL DE COLIGNY

183 i

ayant fait marché avec le duc dAumale pour lassas-siner. Quand Le May fut mis en jugement, il prétenditque cétait lamiral, au contraire, qui lui avait proposédassassiner la reine mère, et quil ne laccusaitaujourdhui que pour se venger de son refus.

Cette affaire ne paraît pas fort claire; mais il est cer-tain, en tout cas, que lamiral reçut satisfaction,puisque Le May fut condamné au supplice de la roue (1).

Quoi quil en soit des apologies diverses de Colignyet de ses complices, et malgré larrêt de Moulins,rendu sous linfluence de graves perturbations poli-tiques et dicté par la raison dÉtat, nous nen persis-tons pas moins à affirmer que lamiral de Coligny estcoupable du meurtre de François de Guise.

Tout laccuse, même sa triple et maladroite plai-doirie, même la sentence arrachée à la faiblesse du roiet de la reine mère.

Sans doute, il na pas ordonné à Poltrot de Mérédassassiner son ennemi, mais il lui a fourni lesmoyens daccomplir son crime, il lui a donné delargent, des armes, un cheval. Il a dit devant luiet devant dautres quil ne désirait rien au monde quede voir disparaître le chef des armées catholiques,et que celui qui le tuerait rendrait à la cause de laRéforme le plus important service.

Il a recueilli les fruits de cette lâche embuscade,comme il a lâchement abandonné le traître fanatiqueauquel il désignait une proie, sans lui inspirer enmême temps la salutaire terreur de léchafaud.

Coligny, que nous avons vu fauteur de rébellion,

(1) Caraman-Chimay ; Gaspard de Coligny .