Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
193
JPEG-Download
 

I-AMIRAL DE COLIGNY

193

sorte une courtine vivante entre deux bastions. Gommeil avait peu de monde et quil voulait remplir un espacetrès étendu (environ 3,500 mètres), il avait formé sacavalerie « en haye » sur une seule ligne. Quelques« manches » darquebusiers couvraient ses flancs et sereliaient avec ceux qui tenaient les deux villages.Lamiral était adossé à Saint-Ouen, avec la cavalerie delavant-garde, ayant sa droite protégée par de petitsbois et des jardins garnis dinfanterie. La cavalerie delarrière-garde, sous Vardes et Genlis, était devantAubervilliers : le terrain ne leur offrant, de ce côté,aucun point dappui, ils avaient occupé un moulin unpeu en avant de leur gauche ; un fossé avec épaule-ment, creusé entre ce moulin et le village, cachait uneligne darquebusiers.

Cet ordre de bataille fort simple correspondait sibien à la disposition des logements, que la petite arméeétait établie longtemps avant que les troupes royales,qui sortaient de Paris sur une seule colonne, eussentachevé leur déploiement.

Le connétable ne sattendait pas à voir les protes-tants accepter la bataille dans cette plaine découverte,coupée par une simple chaussée pavée que ne bordaitaucun fossé : il supposait qualarmés par la reconnais-sance de la veille, ils se seraient resserrés dans leursquartiers et chercheraient tout au plus à sy maintenir.Son dessein était denlever simultanément les deux vil-lages qui appuyaient la droite et la gauche des réformés,puis dattaquer Saint-Denis par toutes ses forces.Quelques compagnies dordonnance et quelques « man-ches » darquebusiers, appuyées par le régiment pari-sien, avaient paru suffisantes pour déloger lamiral deSaint-Ouen ; cette aile gauche était commandée par les