I-AMIRAL DE COLIGNY
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sorte une courtine vivante entre deux bastions. Gommeil avait peu de monde et qu’il voulait remplir un espacetrès étendu (environ 3,500 mètres), il avait formé sacavalerie « en haye » sur une seule ligne. Quelques« manches » d’arquebusiers couvraient ses flancs et sereliaient avec ceux qui tenaient les deux villages.L’amiral était adossé à Saint-Ouen, avec la cavalerie del’avant-garde, ayant sa droite protégée par de petitsbois et des jardins garnis d’infanterie. La cavalerie del’arrière-garde, sous Vardes et Genlis, était devantAubervilliers : le terrain ne leur offrant, de ce côté,aucun point d’appui, ils avaient occupé un moulin unpeu en avant de leur gauche ; un fossé avec épaule-ment, creusé entre ce moulin et le village, cachait uneligne d’arquebusiers.
Cet ordre de bataille fort simple correspondait sibien à la disposition des logements, que la petite arméeétait établie longtemps avant que les troupes royales,qui sortaient de Paris sur une seule colonne, eussentachevé leur déploiement.
Le connétable ne s’attendait pas à voir les protes-tants accepter la bataille dans cette plaine découverte,coupée par une simple chaussée pavée que ne bordaitaucun fossé : il supposait qu’alarmés par la reconnais-sance de la veille, ils se seraient resserrés dans leursquartiers et chercheraient tout au plus à s’y maintenir.Son dessein était d’enlever simultanément les deux vil-lages qui appuyaient la droite et la gauche des réformés,puis d’attaquer Saint-Denis par toutes ses forces.Quelques compagnies d’ordonnance et quelques « man-ches » d’arquebusiers, appuyées par le régiment pari-sien, avaient paru suffisantes pour déloger l’amiral deSaint-Ouen ; cette aile gauche était commandée par les