l’amiral de coligny
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les premiers escadrons, ne sont pas plus heureux.
Du côté de Saint-Ouen, les troupes de l’amiralavaient reçu avec le même succès l’attaque des catho-liques. Coligny, en poursuivant les gendarmes re-poussés, rencontre le régiment des Parisiens qui,« bien dorés comme calices » (d’Aubigné), cherchaientà prendre leurs rangs avec l’inexpérience de guerriersimprovisés, sortis le matin de leurs maisons. Ce futl’affaire d’un moment : les volontaires, qui ne s'atten-daient pas à pareille fête, ne purent résister au chocdes vieux soldats protestants; ils s’enfuirent en dé-sordre et « s’en souvinrent longtemps ». (La Popeli-nière.)
Au centre, le connétable avait formé sa cavalerie surdeux lignes : la première était conduite par son filsaîné ; il dirigeait la seconde et s’avançait dans cetordre contre le prince de Condé; lorsque celui-ci,laissant un tiers de son monde pour faire tête à lapremière ligne des catholiques, la dépasse avec l’élitedes siens, et, fondant à l’improviste sur le flanc gauchede la seconde ligne, la charge avec tant de furie qu’enun instant le gros escadron est rompu. Le cheval duconnétable est renversé, l’Écossais Stuart lui crie de serendre : mais pour toute réponse, Montmorency,« abandonné des siens et non de sa vertu », lui cassela mâchoire avec la pomme de son épée brisée ; aumême moment, le vieillard tombe mortellement blesséd’un coup de feu au travers du corps.
Les prévisions de Condé se réalisaient : le succèscouronnait la valeur des protestants. « Si mon maître,s’écriait l’ambassadeur turc, qui assistait à cette ter-rible mêlée du haut de Montmartre, si mon maîtreavait seulement mille de ces casaques blanches pour