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l’amiral de CÜLIGNY
mettre en tête de chacune de ses armées, î’univers nelui durerait pas deux ans. »
Mais une victoire complète eût tenu du prodige, etdéjà la bataille changeait d'aspect. Genlis et Vardes,épuisés par trois engagements, ne pouvaient plusbouger devant Aubervilliers, et recevaient, immobiles,les décharges de l’artillerie qui avait rouvert son feu ;les gendarmes catholiques se ralliaient autour desSuisses et des vieilles bandes qui venaient d’entrer enligne, et préparaient une nouvelle et décisive attaquedu village. D’autre part, l’amiral avait poussé troploin la poursuite des Parisiens : pris en flanc par Cha-vigny, avec une cavalerie fraîche, il venait d’être com-plètement battu. Lui-même, entraîné par un cheval àbouche dure, avait été perdu de vue par les siens, sibien qu’on le crut prisonnier ou caché par quelqueami : pendant trois jours on fît des perquisitions pourle trouver dans Paris. Enfin, le maréchal de Montmo-rency avait rompu les compagnies protestantes qui luiétaient opposées, et faisait déjà face à l’escadron victo-rieux du prince.
Condé allait être écrasé, quand, sur toute la ligne del’armée royale le bruit se répandit que le connétableétait blessé et pris. A cette nouvelle, ses fils, Damvilleet Thoré, accourent à son secours, entraînant tous lesgendarmes qui combattaient avec eux aux deux ailes.Aucun ordre n’était donné, personne avant l’actionn’ayant été désigné pour servir de lieutenant à l’ombra-geux connétable, et le duc de Guise n’étant plus làpour le remplacer et réparer ses fautes. Les débris del’avant-garde protestante cessent d’être poursuivis etrejoignent la « bataille »; l’infanterie catholique, restéeseule pour l’attaque d’Aubervilliers, ne peut empêcher