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l’amiral de coligny
ayant dans ses mœurs et sa tenue la dignité des jugesde son temps, borné dans ses désirs sans négliger lesoin de sa fortune, fut un ministre sans hauteur devues, déplorablement faible et indécis, hostile à l’Égliseplus d’intention que de fait, et n’ayant su qu’exaspérerle sentiment national catholique en affectant une indif-férence que son époque ne professait pas (1). »
Sans charger davantage la mémoire de l’Hôpital, onpeut ajouter que l’opinion générale de son temps étaitque, s’il n’osait professer ouvertement l’hérésie, il yétait du moins secrètement attaché.
« J’ai ouy de ce temps, dit Brantôme, faire compa-raison de lui et de Thomas Morus, chancelier d’An-gleterre, le plus grand aussi qui fut en ce pays, forsque l’un était catholique et l’autre le tenait-on hu-guenot, encore qu’il allât à la messe; mais on disaità la cour : Dieu nous garde de la messe de M. del'Hospital. Enfin, quoiqu’il creust, c’estoit un trèsgrand personnage en tout, et un très grand homme debien et d’honneur. »
« On voit ce que valait cette tolérance dont sespanégyriques lui ont fait tant d’honneur; il était tolé-rant parce qu’il était complice. Ne pourrait-on pas endire autant de beaucoup d’autres (2)? »
(1) E.-A. Segretain : Sixte-Quint et Henri IV, p. 64, etc.
(2) Dk Chalambert, Histoire de la Ligue, t. I er , p. 69.