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l’amiral DU COLIGNY
à la Rochelle, où ils désarmèrent leurs partisans. « Lebesoin de repos était si général, dit M. Dareste, que laFrance jouit pendant une année d’un calme oubliédepuis longtemps. » Cependant, pour les hommesclairvoyants, l’édit de 1570 n’était pas autre chosequ’une trêve.
Jeanne d’Albret, Coligny et les principaux chefsprotestants, retirés à la Rochelle, y demeuraient enobservation, surveillaient, de cette place, l’exécutiondu traité, se plaignant sans vergogne des édits inter-prétatifs, exprimant leurs défiances au sujet des per-sonnages employés par Charles IX, et particulièrementdu chancelier René de Birague, qui venait de prendreles sceaux.
Le roi fit inviter Coligny et la reine de Navarre àvenir à sa cour.
Mais il fallait auprès des protestants de la Rochelleune démarche ostensible, et, en quelque sorte, officielle.Charles IX choisit donc pour son ambassadeur unhomme de qui les intentions ne pouvaient être sus-pectes aux réformés : ce fut le maréchal de Cossé, vieilet lidèle ami de Coligny. Il était porteur d’une ordon-nance par laquelle le roi autorisait l’amiral à conserveravec lui, à la cour même, cinquante gentilshommesarmés (1).
Flatté dans ses désirs de voir un terme mis enfin àla guerre civile, et dans son ambition de commanderune armée contre des ennemis qui ne devaient plusêtre des Français, déterminé par l’espoir de profiter dela faveur du roi dans l’intérêt de son parti, l’amiral se
(1) De ïiiou : Histoire universelle, t. M, 1. 1, p. 278 et 327.