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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L’AMIRAL DE C0L1GNY

Vers celte époque, que ce fût, comme on l’a dit,« pour essayer le crédit des huguenots », ou simplementpar zèle pour la réforme, l’amiral demanda à la cour ladémolition de la croix de Gastines. Cette croix avaitété élevée en 1509, sur l’emplacement de la maison d’unmarchand nommé Philippe Gastines, pendu, avec sonfils et son beau-frère, le 20 juin 1569, pour avoir faitcélébrer chez lui la cène protestante; la maison avaitété démolie, et avec le prix des matériaux, on avait faitélever cette croix sur laquelle une inscription gravéerappelait l’événement. Il paraît même que cette inscrip-tion avait été si bizarrement conçue que l’on ne savaittrop, dit un contemporain, si l’auteur n’avait pas vouluse moquer en même temps des huguenots et des catho-liques. « La maison des Gastines avoit été entièrementrasée, et à l’endroit d’icelle les Parisiens avoient faitélever une haute pyramide de pierre ayant un crucifixau sommet, dorée et diaprée avec un récit en lettresd’or sur le milieu de ce que dessus, et des vers latins,le tout si confusément et obliquement.déduit que plu-sieurs estimoyent que le composeur de ces vers etinscriptions (on dit que c’estoit Étienne Jodelle, poètefrançois, homme sans religion et qui n’eut onc autredieu que le ventre), s’estoit moqué des catholiques etdes huguenots. » Tavannes dit à ce propos : « Sou-vent pensant faire honte, l’on donne l’honneur ; sans lacroix de Gastine, il ne fut esté parlé de luy. »

Quoi qu’il en soit, le peuple tenait beaucoup àcette croix. De leur côté, les huguenots, invoquant letexte du traité de Saint-Germain, exigeaient sa destruc-tion. La cour prit un moyen terme : pendant la nuit,la croix fut enlevée et replacée au cimetière des Inno-cents. Le lendemain matin, la populace se souleva. On