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l’amiral de coligny
de France. Elle espérait, dit Dareste, que les prétentionsde son fds sur la Navarre deviendraient une chose plussérieuse, et qu’elle serait elle-même plus forte contreles Guises, auxquels elle reprochait de conspirer la ruinedes Bourbons. Calviniste ardente et d’un zèle vraimentfanatique, elle vit dans cette fortune inattendue non unpéril, mais une chance heureuse pour la cause dontl’avenir occupait toutes ses pensées.
Le contrat fut signé le H avril 1572. Tout à coup, le8 juin, la reine de Navarre mourut subitement.
« Cette reine, dit d’Aubigné, n’avait de femme que lesexe;’l’àme entière aux choses viriles, l’esprit puissantaux. affaires, le cœur invincible aux adversités. Elleétait avertie par la droiture de son cœur de la faussetéde tout ce qu’elle entendait; les scandales de la courexcitaient sa défiance autant que son dégoût. Un par-fumeur florentin, nommé maître René, créature deCatherine, offrit son ministère pour se défaire d’elle, ets’engagea de l’empoisonner avec des parfums seulement.Le poison fut, dit-on, administré dans des gants desenteur. Elle mourut en quatre jours, le 9 juin, entrehuit et neuf heures du malin; elle était âgée de qua-rante-quatre ans. »
« Jeanne d’Albret est une figure des plus remar-quables de ce seizième siècle, où les types abondent.Elle s’élève par la puissance du caractère au-dessus duplus grand nombre des princes contemporains, dontla volonté fut si hésitante et si partagée. Pendant long-temps elle n’eut pas occasion de manifester son éner-gie. Son amour pour son indigne époux, les nécessitésdelà politique, les conseils des habiles du temps, peut-être aussi les plaisirs et les distractions de la jeunesse