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l’amiral de coligny
Jeanne d’Albret et son époux Antoine de Bourbon,ajoute le savant abbé Puyol, ne se départirent pas dusystème de protection secrète, mais efficace, qui avan-çait si bien les affaires de la Réforme. Jeanne d’Albret,qui bientôt nous offrira le type accompli du sectaire,commença par user des ménagements et de la politiquede ses parents.
'( Jeune et belle, dit Théodore de Bèze, la prin-cesse aimait une danse plutôt qu’un sermon et ne seplaisait nullement à cette nouveauté de culte. » Ambi-tieuse et jalouse de son pouvoir, elle remontrait à sonmari, qui la pressait d’assister à un prêche, que s’ilvoulait faire confisquer son bien, elle n’entendait pointexposer celui qui lui restait du chef de ses prédéces-seurs. Ces sentiments se modifièrent bientôt, et lesévénements se chargèrent de développer les disposi-tions et les tendances comprimées de la jeune reine deNavarre.
Mais, encore une fois, la prudence commanda pen-dant quelque temps à ses démarches, et ses desseinsn’eurent pas lieu de se manifester publiquement avantl’année 1561. Car, à la fin de l’année précédente,Jeanne envoya en ambassade d’obédience, [auprès dupape Pie IV, l’ieire d’Albret, fils naturel du roi Jean etévêque de Comminges. Elle lui remit une lettre, écritede sa main, par laquelle elle protestait 'de son attache-ment h la religion catholique, apostolique et romaine;et l’orateur consistorial, qui eut à prendre la paroledevant le Souverain Pontife déclarait dans son discours« qu’il était l’organe de ses sentiments religieux auprèsdu Saint-Siège. A l’exemple de saint Louis, dont lamaison d’Albret et de Bourbon est issue, dit-il, le roi etla reine de Navarre désirent donner des témoignages