l’amiral DE C0L1GNY
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leuse jalousie et pareillement l’intelligence que j’ay avecles princes de la Germanie (1).
Ges menées, trop nombreuses pour être tenues se-crètes, n’échappaieut pas aux agents que Philippe IIentretenait près des cours étrangères. Aussi le roid’Espagne faisait-il des préparatifs, s’attendant à voirprochainement éclater la guerre. Tout semblait prêtpour l’exécution de ce grand dessein. Parmi l’entou-rage de Charles IX, nul ne le soutenait plus éner-giquement que Colignv. C’était en quelque sorte sonœuvre. Il avait quitté dans ce seul but sa retraite deChâtillon-sur-Loing, sans écouter l’avis des nombreuxamis qui lui conseillaient la défiance et la crainte.Admis dans les bonnes grâces du roi, fêté et choyécomme l’étaient alors tous les princes protestants, ils’était efforcé d’employer ce crédit nouveau à défendrela politique extérieure dont il était le promoteur. Unjour on avait appris que le duc d’Albe assiégeait Mons ;Coligny, en plein conseil, avait dit au roi qu’il dispo-sait de trois mille gentilshommes, et qu’il allait lesfaire marcher au secours de la ville.
L’amiral ne cessait d’intriguer dans le but d’assurerle succès de ses rêves les plus chers. Il s’était lié avecles agents de l’Angleterre et s’efforçait de les rallier àsa politique. Il ne projetait rien moins que le partagedes Pays-Bas entre Charles IX et Élisabeth ; c’était dansla pensée d’une conquête si facile et si avantageusequ’il aurait voulu voir les deux nations intimement
( 1 ) Extrait des dépêches reçues ou envoyées par Mgr Françoisde Nouilles, évêque de Dax, publiées par M. le marquis doNoailles, d’après les archives du château de Maintenon. ( Henri deValois, etc., t. I, p. 9.)