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l’amiral de coligny
« Dans ccs guerres, nul ne s’est fait remarquer etnommer autant que l’amiral. N’est-il pas étonnant que,dans ses destins, il n’ait accompli aucune action degrand mérite pendant qu'il était au service du ltoi,tandis que dans les guerres mêmes contre le Roi il s’estacquis l’estime et la crainte à un degré tel, qu’unsimple gentilhomme comme il est, avec peu de res-sources, ait soutenu une guerre de cette durée et decette importance, non seulement contre son puissantsouverain, mais encore malgré les secours que SaMajesté recevait du roi d’Espagne et de tant de souve-rains d’Italie, et de quelques princes d’Allemagne. Jem’étonne d’autant plus, qu’ayant perdu tant de ba-tailles, il ait conservé cette réputation auprès de touset qu’il inspire ce respect, même chez les reîtres et leslansquenets, qui, bien que créditeurs de nombreusessoldes, et après la perte de nombreux combats où ilsavaient perdu leur butin, jamais ne se sont révoltés.C’est au point qu’on peut dire que si, par la manièredont il tint en respect les nations étrangères, Annibala mérité une aussi grande gloire auprès des anciens,l’amiral en mérite une d’autant plus grande qu’Annibaly eut moins de peine, parce que partout il était victo-rieux, au contraire de l’amiral, dont la cause était tou-jours vaincue (1). »
Ses ennemis le tenaient pour très grand homme : sile parti protestant fut si fort et si considéré, assuré-ment il le devait beaucoup à ce chef.
L’historien Ranke, si ferme dans ses jugements, a
(1) Alvise Contarini : Relazione délia Corte di Francia, lueon février 1572. Raccolta Alberi , t. XI de la collection, IV de lal r0 série, p. 239.