l’amiral de coligny
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fuit do Coligny l’éloge que peut envier un homme devaleur :
« La considération dont il jouissait ne reposait passur l’enthousiasme des triomphes, mais sur le besoinqu’on avait de lui. Un jour il tomba malade, et les fautesqui furent commises firent sentir tout ce qu’il valait (1). »
Jusqu’à l’époque où nous sommes parvenus, le jeuneprince de Béarn qui avait pris à la mort de sa mère letitre de roi de Navarre, n’avait encore brillé d’aucunéclat. Il occupait à la cour une position inférieure àson rang et s’efforçait de se faire oublier.
« Rejeton de la noble race de saint Louis par sonpère, Henri de Navarre dut le jour à une mère qui,suivant le langage d’Agrippa d’Aubigné, n’avait « de« femme que le sexe, l’âme entière aux choses viriles,« l’esprit puissant aux grandes affaires, le cœur invin-« cible aux adversités (2). » Son baptême l’avait faitcatholique; son éducation le fit huguenot. Jeanned’Albret, devenue veuve, avait solennellement embrasséla Réforme pour laquelle elle dissimulait plus ou moinssa propension depuis longtemps, et proscrit le catholi-cisme, dont elle avait juré, à son sacre, d’être la pro-tectrice. Ce fut, on le sait, une affreuse persécution dansle Béarn. Rien n’arrêta la reine : ni les remontrancesdes États, ni la crainte de la France, ni la voix de lajustice, ni l’horreur du sang, ni les maux d’une guerrecivile froidement jetée dans un pays dont on est appeléà faire le bonheur par un sage gouvernement. Le jeuneHenri de Navarre était à Paris, suivant, avec Henri de
(1) Léopold Ranke : Histoire de France , t. I er .
( 2 ) Histoire universelle, t. Il, 1. R r , cli. ii, p. 8.