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l’amiral de coligny
(lu collège de Navarre et s’y lia d’amitié avec le ducd’Anjou et le duc de Guise. Devenue veuve, Jeanned’Albret retourna en Béarn, et rappela auprès d’elle sonfils, à peine âgé de dix ans, pour l’instruire dans lecalvinisme.
A quinze ans, il calme par sa présence les seigneurssoulevés dans la basse Navarre. A seize ans, il se rendà la Rochelle; il remplace, comme chef du parti protes-tant, le prince de Condé, et, sous l’inspiration deColigny, il prend part aux principaux engagements.
« En môme temps que le guerrier, se forme le négo-ciateur. Chef des protestants, sujet du roi de France,Henri trouve, dans son entourage, comme dans sonpays de Béarn, beaucoup de catholiques. Il doit lesménager, tout en conduisant son parti, et, sans man-quer à ses coreligionnaires, gagner la faveur du souve-rain. Environné de passions qui s’excluent les unes lesautres, il s’instruit à les dominer; et, comme il veutdans tous les partis se rallier des appuis, il leur imposeà tous l’équité dans sa clairvoyance, autant que l’élande son cœur lui révèle l’obligation (1). »
Rien cependant ne faisait encore pressentir, en cejeune homme silencieux et dissimulé, le futur Henri IV.Il savait se taire et savait attendre, mais il ne savaitpas encore agir.
Le duc d’Aumale donne quelques détails sur le jeuneprince de Condé, qui devait prendre part, lui aussi,aux événements d’août 1572.
« Dès le mois de juin 1569, le cardinal de Bourbonavait prié le roi de lui confier les enfants en bas âge
(1) Charles de Lacombe : Henri IV et sa politique, p. 8.