l’amiral DE C0L1GNY
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huguenots d’avoir à rassembler à Meaux, pour le 5. sep-tembre, toutes leurs forces, tant d’infanterie que decavalerie, pour se faire rendre raison par les armes,pendant que le Roi se trouvait désarmé, de l’outragefait à l’amiral... Ceci, ajoute l’ambassadeur vénitien,est la conspiration dont le Roi a ensuite, au parlement,affirmé la découverte, conspiration ourdie contre lui,sa mère et ses frères ; et pour rendre la chose encoreplus odieuse, il y a ajouté son beau-frère, le roi deNavarre (1). »
Ce Bouchavannes avait, en effet, assisté aux tumul-tueuses délibérations des amis de l’amiral dans lasoirée qui suivit l’attentat de Maurevel, et- lui seulétait demeuré silencieux (2). 11 avait vu, de près, laconsternation des uns, l’irritation des autres : ceux-civoulaient qu’on transportât tout de suite le blessé àChâtillon; ceux-là qu’on quittât Paris en masse, voyantdans cet assassinat, comme le dit le vidame de Char-tres, le premier acte d’une tragédie qui finirait parleur massacre à tous; les plus jeunes parlaient devengeance, mais leurs menaces s’adressaient surtoutaux ducs de Guise et d’Aumale. Il se peut que de tousces projets combinés et amplifiés, le traître ait composésa dénonciation, qui paraît certaine, à en juger parl’exécration à laquelle les réformés vouèrent sa mé-moire. Ce qu’il passa sous silence, sans doute, c’estl’assurance donnée par Téligny que le souverain allait
(1) Relation de Michieli, trad.W.Martin, p. 40. —On voit que Mi-cliieli ne s’accorde point avec le récit transmis à Florence sur ladate où le complot devait éclater. D’après Claude Maton, cottedate était le 31 août. Mémoires publiés par Bourquelot, t. II, p. 670.
(2) Mémoires de l’Etat de France, ap. archives européennes,t. VII, p. 112.