l’amiral de coligny
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« après. Donnez-y ordre promptement! » Là-dessus, ilsort de son cabinet, où, dit le narrateur, nous avi-sâmes le reste du jour, le soir et une bonne partie dela nuit, ce qui sembla à propos pour l’exécution d’unetelle expérience.
Comment tant d’historiens qui s’attachent obstiné-ment à cette version, ne voient-ils pas qu’elle est com-binée de façon à décharger le plus possible le narrateuret à faire retomber sur le roi seul, qu’il détestait, toutle poids de la terrible détermination? Sans croire avecM. Ranke, que le discours du roi Henri III publié,pour la première fois, sous Louis XIII, soit une pièceapocryphe et dérivée d’une autre source, il faut ad-mettre au moins qu’elle est controuvée dans plusieursde ses parties.
« De ce subit accès de fureur dont Charles IX auraitété saisi, on ne trouve trace ni dans le récit de Ta-vannes, ni dans celui de Marguerite, ni dans la relationrécemment publiée de l’ambassadeur Cavalli.
« Ce dernier qui place lui aussi la conférence dansla soirée, nous apprend que le roi résista pendant uneheure et demie. Il fallut, pour emporter son assenti-ment, que sa mère lui déclarât que, s’il ne l’accordait,elle allait sortir de France (1). »
C’était la menace qui avait déjà si bien réussi àMontpipeau. La reine mère partie, les catholiques éli-raient un capitaine général. Le nommer était inutile :Charles comprit bien que ce serait son frère. Terriblealternative que Mathieu résume en un mot énergique :« Soyez du jeu, ou il se fera sans vous! »
« Le duc de Guise, dit Cantù, prépara le mouvement
(1) Relation de Cavalli, p. 85.