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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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était gravée l’histoire de la Saint-Barthélemy, par Vol-taire (1).

On sait que le roi de Navarre fut épargné. Voici enquels termes Mgr le duc d’Aumale raconte comment lejeune prince de Condé fut sauvé. Henri de Bourbonavait promis d’abjurer, mais Condé résistait. « Dans lanuit même de la Saint-Barthélemy, conduit devant leroi et violemment interpellé, il répondit avec tant dehauteur que Charles IX, outré, le congédia par cesterribles paroles : « Enragé séditieux, rebelle, fils derebelle, si dans trois jours vous ne changez de langage,je vous ferai étrangler ». Le délai fut un peu plus long :un ministre converti au bruit des arquebusades, desRoziers, fut chargé d’instruire dans sa nouvellecroyance le roi de Navarre et Catherine de Bourbon, leprince et la princesse de Condé, « afin de leur donnerune plus honorable couverture de changement. »

Déjà toutes les abjurations avaient eu lieu; on étaitau mois de septembre ; seul de sa famille, Condé persis-tait dans son refus. Le roi le manda de nouveau; dèsqu’il le vit, il s’élança vers lui : « Messe, mort oubastille, s’écria-t-il en blasphémant, choisissez 1 —Dieu ne permette point, mon roi et mon seigneur,répondit froidement le prince, que je choisisse le pre-mier ! Des deux autres, soit à votre discrétion, queDieu veuille modérer par sa providence! » Dans safureur, le roi, a-t-on dit, demandait ses armes pour le

(1) « Survint la Révolution. Le cercueil fut encore une foisenlevé, puis conservé à Paris chez la famille de Montcsquiou.Enfin, un jour, le duc de Luxembourg demanda au général comtede Montesquiou-Fezensac, qui a bien voulu me donner lui-mêmeces détails, de lui restituer cette malheureuse dépouille; elle estreplacée aujourd’hui dans les ruines du château de Châtillon. »