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l’amiral DE C0L1GNY
ques ou secrètes, dans ses lettres aux administrateursprovinciaux, le gouvernenlent d’alors eût saisi uneligne de conduite uniforme. Jamais il ne fut questiond'anéantir à la même heure et de la même manière tous lesprotestants de France; et d’ailleurs, à cette époque, leroyaume n’était pas assez centralisé, ni l’organisationadministrative assez complète, pour rendre possibleune semblable conception. Parmi les lettres royales quinous sont parvenues, la plupart ordonnaient aux villesde prendre toutes les précautions nécessaires pourmaintenir l’ordre et empêcher les séditions. La cour,effrayée de sa propre audace, hésitait, changeait d’avisselon les circonstances et les nouvelles reçues, envoyaitdes agents pour révoquer les instructions précédemmentdonnées, laissant l’initiative aux uns et désavouant lesautres; et c’est ainsi qu’on s'explique que des événe-ments, provenant évidemment d’une même cause, sesoient passés différemment selon les villes, selon les.gouverneurs, et, — chose plus singulière ! — que desdates, en tenant compte des distances, ne concordentaucunement. Les massacres en province sont éche-lonnés dans une période de plus d’un mois. Ceux quiles suscitent sont en général des personnages sortis dela lie des populations, exploitant à leur profit le fana-tisme religieux. Nous avons vu trop souvent dans nostroubles civils recommencer les mêmes excès ; et, quandles passions populaires sont déchaînées, l’ardeur né-faste de la lutte ne distingue pas la cause pourlaquelle elle agit.
Ce qui a rendu la Saint-Barthélemy plus odieuse,c’est, — nous n’avons point de peine à le reconnaître,— que cette fois le signal a été donné de haut, et quel’attentat a été décidé en conseil de gouvernement, du