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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

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huguenots, qui devait avoir pour moindre conséquencede rompre immédiatement toutes les alliances protes-tantes. »

Mais, du moins, la religion et le clergé ont-ils euquelque part à cette funeste tragédie? Le poète J. Ché-nier, qui vota la mort de Louis XYI, nous représentedans une tragédie de sa façon, le cardinal de Lorrainebénissant les poignards destinés au massacre de laSaint-Barthélemy. Or, dans ce temps-là même, le car-dinal de Lorraine se trouvait à Rome, où il était alléau conclave. L’histoire ne parle que d’un seul ecclésias-tique mêlé au massacre : il se nommait Jean Rouillard,chanoine de Notre-Dame, et fut tué dans son lit, commehuguenot (1).

Voilà toute la part qu’y eurent le clergé et la religion,déclare le savant Rohrhacher.

Selon tous les historiens, à commencer par Caveirac,de Thou, le protestant Lingard, la religion n’eut aucunepart au coup d’État du 24 août. En effet, on ne voitsiéger dans le conseil qui ordonna le massacre, ni car-dinaux, ni évêques, ni prêtres; mais seulement deshommes politiques, élevés dans les principes dumachiavélisme et peu intéressés à la pureté de lareligion, attendu que leurs mœurs et leurs âmes étaientfort corrompues. Si nous sommes habitués, ajoutentces écrivains, à regarder cette vaste effusion de sangcomme l’œuvre du catholicisme, c’est sur la foi de Vol-taire, à qui tous les moyens sont bons pour déverserl’outrage sur une religion qu’il déteste. Lingard etCaveirac ne voient donc dans cet événement qu’une

(1) Saint-Victor : Tableau de Paris , t. 1(1, p. 190. note.