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l’amiral de coligny
désintéressée, elle a soutenu la politique française,elle a soutenu la religion qui convient au sang dola France! Otez-lui sa constante volonté, privez-ladu pénétrant instinct, qu’elle a de sauver le royaumeet des ambitions extérieures et des troubles inté-rieurs : éloignez-la du trône pour un instant, pendantla seconde guerre; supposez, selon sa pensée d’unmoment, qu’elle se rende en Flandre avec le roimineur, c’est alors plus que jamais qu’il aurait falludire, comme le Vénitien Michèle Suriano, en 1362 : Vœtïbi terra cujus Rex puer est! « Malheur à toi, terre dontle Roi est un enfant ! » car alors nous aurions vu leroyaume dans les mains étrangères. Philippe II avaitl’œil sur la France : la défaite ou le renoncement deCatherine lui eût ouvert nos portes. Coligny, aveuglépar la magnifique austérité de ses princes, tout glorieuxde ce renom de droiture qu’il avait acquis, ne nous eûtpas moins mis, soit aux mains du prince d’Orange, soitsous le régime d’une république fédérative, c’est-à-direantinationale, antifrançaïse, absolument contraire ànos instincts, à nos penchants, à nos mœurs, au géniegaulois de la France.
« Catherine, la reine mère, a reconnu et combattul’ennemi de tous côtés, l’ennemi de l’unité du royaume :en combattant l’influence étrangère et les complotsintérieurs, elle a maintenu la France française : ce futlà son mérite, elle a livré bataille autant à l’ultra-catholique Philippe II, qu’à l’ultra-huguenot Coligny. »
Nous voici arrivé au bout de notre tâche. Nousn’avons pas, dans cette longue plaidoirie, pris laparole bien souvent; nous avons laissé aux témoins,